Trek Choquequirao – Machu Picchu

Visiter une cité inca jamais découverte par les Espagnols c’est bien, mais deux c’est mieux, qui plus est en empruntant les anciens chemins pour un trek de 8 jours à travers les Andes péruviennes.

16/05/2018

Dernière journée à Cuzco avant le départ pour le trek : je fais le plein de Snikers, réserve l’hôtel pour mon retour à Cuzco 8 jours plus tard, arpente les rues de la ville encore une fois, visite un musée d’art religieux (photos interdites, évidemment) et assiste en fin de soirée à un court briefing à l’agence de trekking.

Le trek de Choquequirao – Machu Picchu

17/05/2018 : au commencement étaient les moustiques

5h du matin, un minibus passe me prendre près de mon hôtel à Cuzco ; hormis le muletier (Alex, 20 ans) qui nous attend sur place, les autres membres de l’expédition sont déjà là : 2 touristes anglais (Marc, 60 ans et Liz, 55 ans), le guide (Manuel, 25 ans), et le chef cuisto (Aquin, 32 ans).
Le trek de 8 jours qui nous attend va s’organiser comme suit : Alex et Aquin s’occuperont d’acheminer le matériel avec quatre chevaux, monter les tentes et préparer la nourriture de leur côté, le reste du groupe se contente de randonner.

Facile.

Ou pas … car ce trek est quand même bien corsé même lorsqu’on est peu chargé : la première journée donne le ton : -1451 m suivis de +1418 m de dénivelé ; le tout sous le soleil et en compagnie de moustiques ; car oui : une bonne partie du trek se passe sous un climat tropical.

Pour la descente, merci les bâtons de rando’ fraîchement achetés à Cuzco.

Top départ !

À la fin de la journée je décompte une vingtaine d’impacts de moustiques par bras, quelque chose me dit que je ne maîtrise pas encore tout à fait l’application du répulsif …

On arrive au premier camp de base à la tombée de la nuit complètement HS.

18/05/2018 : la p’tite bête qui monte

Après un petit déjeuner sur fond de Loreena Mckennitt (ici ?!? WTF !?!) on passe la journée à monter sur le sentier qui mène à notre premier gros objectif : l’ancienne cité inca de Choquequirao. On s’arrête dans un camping (ils sont rudimentaires dans ce coin des Andes !) avec vue sur une partie des ruines. On passe l’après midi à comater.

Dénivelé : +476 m.

19/05/2018 : les ruines de Choquequirao

On part tôt du base camp pour aller passer une grosse matinée à Choquequirao.

On sent qu’on approche de la cité quand le sentier se transforme en escalier inca et que la végétation laisse apparaître quelques pierres, signes d’anciennes terrasses.

On fait notre entrée par le quartier religieux puis on descend contempler le secteur des lamas (des terrasses décorées de ces camelidés) ; on remonte ensuite déjeuner dans le quartier religieux.

Le quartier religieux de Choquequirao (devant) et résidentiel (derrière)
Un temple du Soleil
Le secteur des Lamas
Les Andes péruviennes

Le site est presque désert : on y croise à tout casser une vingtaine de trekkers.
On ne sait pas grand chose de cette cité puisque – comme le Machu Picchu – elle ne fut jamais découverte par les Espagnols.

Un coin pique-nique comme un autre

On lève le camp vers 14h pour contourner la montagne (en passant par le quartier residentiel) et on arrive au camp de base vers 16h à deux pas de terrasses incas qui font également office de douche ; se laver les tiffs dans des ruines incas devant un coucher de soleil sur les Andes, une expérience surréaliste !

Point négatif : ici pas de camping mais un bivouac qui semble aussi faire office de camp de vacances pour moustiques.

Dénivelé : +424 m /-885 m (sans compter les escaliers dans la cité)

Placement produit

20/05/2018 : danse avec les moustiques

Choquequirao derrière nous, on se dirige vers le second objectif du trek : le Machu Picchu. Et ce n’est pas la porte à côté : aujourd’hui c’est 1 h de descente jusqu’au Rio Blanco puis 3 h de montée sur la montagne d’en face.

J’ai passé les 2 dernières heures à danser la tectonik pour chasser les hordes d’insectes qui venaient me harceler ; c’est fou ce que ce genre de situations peut porter sur les nerfs.

Parce que photographier les Andes en continu ça use …

A l’arrivée au camping, aucun moustique … mais des abeilles partout : toilettes, coin lessive, autour de la tente … VDM ! Lot de consolation : encore une jolie vue sur les Andes.

Dénivelé : -549 m / +1911 m

21/05/2018 : montée à 4100 m

Départ aux aurores avec les Andes toujours embrumées pour 4h de montée ; l’objectif : une passe à 4100m.

Brume matinale

Le temps se dégage pendant la montée et à quelques mètres de la passe on se fait survoler par un condor (un peu trop loin pour mon zoom).

Pendant la pause on en profite pour faire une offrande à la Pacha Mama (la mère-terre, un trip pré-hispanique dont j’entends parler depuis Atacama) en laissant quelques feuilles de coca ; on s’est dit que laisser une momie d’enfant comme faisaient les incas n’était peut être plus au goût du jour (le plus jeune du groupe étant le guide…)

Vers midi on commence la redescente de l’autre côté de la montagne : pics enneigés au toile de fond, grands précipices sur la gauche, versants couverts de fleurs sur notre droite et ça tout le long du chemin jusqu’à Yamana (1h30).

Pendant la descente
Trop tard pour avoir le vertige

On définit avec le guide le programme des prochains jours (comme prévu, on ne peut pas faire tout à pied, cela prendrait plusieurs jours de plus) : un trajet en bus jusqu’à une passe à 4600 m suivie d’une journée de descente et encore un peu de bus pour pouvoir, le jour suivant, approcher de la ville collée au Machu Picchu par une montagne abritant des ruines.

Dénivelé : +1122 m / -591 m

22/05/2018 : une route mortelle

Comme prévu on rejoint une passe à 4600 m et on descend pendant environ 5 h.

En route pour Yamana
Salkantay (gauche) et Turkaway (droite), les 6000 locaux (sauf erreur de ma part)

La première partie dans les « highlands » m’a clairement fait penser au Népal … tout comme le deuxième trajet en bus : ce genre de trajet qui donne l’impression d’avoir lancé une pièce en entrant dans le véhicule avec d’un côté marqué « tu vis » et l’autre « tu meurs » : voie non bitumée et étroite proche du précipice, quelques signes de glissement de terrain …

Dénivelé : – 1794 m

23/05/2018 : retour à la civilisation

Dernière ligne pas tout à fait droite avant le Machu Picchu : après un nuit dans un camping encore en construction – le trek de Choquequirao n’est pas encore très développé – on emprunte un des chemins de l’Inca menant aux ruines de Llactapampa, vraisemblablement un ancien refuge pour les voyageurs se rendant au Machu Picchu.

Le Machu Picchu se cache sur cette photo

De là on aperçoit pour la 1ere fois la cité. On redescend ensuite jusqu’à Hydroelectrica puis on longe les rails jusqu’à l’immonde ville de Aquas Calientes (3h de marche sur des cailloux dans une forêt ou de l’art de rendre l’utile au dèsagréable).

L’arrivée à Aquas Calientes

On loge pour la première fois dans un hôtel et on réapprend le concept de douche chaude et de lit.

Dénivelé : +804 m / -1043 m / +360 m

24/05/2018 : le Machu Picchu

Très – très – longue journée : départ de l’hôtel à 4h pour faire 1h30 de queue pour prendre le bus direction de Machu Picchu. On entre dans les premiers à 6h et on assiste au levé d’Inti : la brume disparaît et les couleurs deviennent irréelles, moment magique.

3 … 2 … 1 …
Allumage !
Encore un effet Wahou au compteur

S’en suivent 6 heures de visite aux quatre coins du site (dont 2 guidées par Manuel qui retourne ensuite à Cuzco de son côté).

Le Machu Picchu vu du sentier menant à la porte du Soleil
Les tondeuses à gazon écolo
Encore un temple du soleil (et son cadran solaire 2.0)
Depuis les ruines
Encore une vue sur le Huayna Picchu

Je confirme que, bien que le nombre d’entrées soit limité à 2500 par jour (en deux plages horaires), le site est vite plein de touristes en quête de la « photo classique ». Comme au Taj Mahal, on a droit ici à des poses bien ridicules ; merci Instagram.

La maison des gardes, alias le spot Instagram

On entame la redescente jusqu’à Aquas Calientes vers midi et on se pose à l’hôtel pour faire du tri dans les photos et attendre le train (départ 19h) pour Ollantaytambo ; des minibus nous y attendent pour nous ramener à Cuzco. J’arrive vers 23h dans le centre.

Un peu après minuit je m’effondre enfin sur mon lit, content d’avoir survécu sans casse à ce trek qui m’aura tout de même fait monter l’équivalent d’un Mont Blanc (depuis le niveau de la mer) et fait encore une fois rencontrer des gens fort sympathiques. Et en plus la météo s’est montrée clémente sur les 8 jours.

Dénivelé : -718 m (sans compter les va-et-vient dans la cité.

Prochaine étape (après un peu de repos à Cuzco) : Arequipa.

5 thoughts on “Trek Choquequirao – Machu Picchu

  • Toinou

    T’as retrouvé une nouvelle fois l’une des sources d’inspiration des développeurs de Skyrim (pour les parties Ouest + Sud-Ouest) ! Bravo !

    PS: T’as fait des stats sur ta consommation de snikers ? Fréquence, Intervalle de confiance… Nombre total consommé ?

    • David

      La règle c’est 2 snikers et au moins 1.5L d’eau par jour (ou eau & coca rouge pour plus de confort 😆). Il faut dire que les repas déjà fournis étaient bien énergétiques (riz, patates, …).

  • Buf

    Ça fait rêver, encore une fois ! Le lever de soleil au Machu Picchu, oh my god !
    Le chemin creusé dans la falaise aussi, pas dans le même sens mais waouh !
    Profite !

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