Désert d’Atacama

Un désert, aussi aride soit-il, peut être un lieu enchanteur si l’on regarde où il faut et que l’on est bien accompagné. La preuve dans cet article.

Je dédie cet article à toutes les personnes – guides, chauffeurs et compagnons de voyage – qui ont contribué à rendre ce séjour dans le désert d’Atacama inoubliable (en commençant par Emilie, Fabienne et Daniel qui ont réussi à me supporter quatre jours d’affilée !). 😉

Contexte : le désert d’Atacama, au nord du Chili, est le plus aride du monde ; il contient toutefois 14 oasis. San Pedro de Atacama est situé sur l’une d’elles. C’est le territoire des Atacameños, qui ont été un temps sous l’influence des Incas avant d’être envahis par les Espagnols. Le désert abrite également un des plus grands radiotélescopes du monde (ALMA).

07/04/2018

Première journée complète à San Pedro de Atacama, je vais visiter les ruines de la forteresse pré-Incas de Quitor ; elle fut utilisée par les Atacameños pour résister aux conquistadors … qui l’ont finalement prise en décapitant 300 des défenseurs pour le fun (Haaa, quel bon sens ce Robespierre !).

Les ruines de Quitor

Un sentier part de la base de la forteresse et permet d’atteindre un des miradors les plus impressionnants sur la vallée de San Pedro ; un endroit des plus agréables pour commencer à apprécier l’immensité du désert.

Vue sur l’oasis de San Pedro

J’ai également visité partiellement une grotte à proximité car – au bout de quelques minutes – la voie devenait trop risquée à mon goût. Jusque là je n’y ai rien vu de bien notable si ce n’est l’entrée (cf. la photo-panda).

Caracoles, la rue principale de San Pedro, sur fond de Licancabur et Juniques (les deux volcans)

08/04/2018

La journée commence par un gros « fail » : le musée que je comptais visiter est en fait fermé depuis 2 ans (ça arrive quand on utilise un guide de 2016…) ; j’utilise le temps libre pour sortir du village afin de repérer un bon spot d’observation du ciel pour les nuits suivantes (histoire de ne pas me faire polluer par les lumières de la ville).

N’ayant pas grand chose à faire en attendant mon activité nocturne, je pars tester la boulangerie française ; outre le fait que les chocolatines étaient référencées sous le nom de pains au chocolat (hérétiques !!!), je dois reconnaître qu’elles étaient assez similaires aux nôtres ; un peu de repaysement ça fait du bien parfois !

Je retourne ensuite me poser un peu en surplomb du village pour admirer une nouvelle fois l’oasis de San Pedro et les Andes ; immensité et solitude : la combinaison gagnante pour une contemplation réussie.

À la sortie de San Pedro

Finalement, à 22h, l’activité tant attendue commence : une soirée « observation des étoiles » un peu à l’écart du village chez un astronome français qui propose des séances de vulgarisation scientifique à grand renfort de pointeur laser et de gros télescopes (plutôt balaises pour du civil !), le tout tartiné d’un humour bien sacrastique. Bilan : trois heure à entendre parler d’astrophysique et d’astronomie sous la voute céleste tandis que les éclairs déchiraient le ciel du côté argentin, juste magique.
AneHpéts et Pascal, voilà quelque chose à mettre sur votre « todo list » !

Mon bilan photographique fût néanmoins plutôt mince : je n’ai eu le temps de décocher qu’une seule photo (mais quelle photo !) ; heureusement que j’avais bien configuré les paramètres de l’appareil avant d’arriver !

La tête dans les étoiles

09/04/2018 – 10/04/2018

Deux journées très soft ; mes excursions hors de San Pedro sont prévues à partir du 11 avril. Je profite de mon temps libre pour planifier la prochaine étape de mon voyage (3 jours dans le Salar d’Uyuni en Bolivie) puis pars à la chasse aux babioles souvenirs. Je me rends vite compte que la majorité des articles d’artisanat sont plus proches de colliers de nouilles made in Bolivia que de véritables produits locaux ; tant pis, j’envoie par la poste ceux que j’ai déjà achetés dans les villes précédentes et je pars errer dans les rues du village à l’ombre des murs d’adobe (le matériau de construction typique de la région).

L’église de San Pedro (l’oeil averti reconnaîtra des motifs incas)

Ici aussi je m’emmerveille devant le contraste entre touristes et autochtones : la grande majorité des premiers sont en tongues et jeans courts ascendant string (ou short) tandis que les autres sont en tennis et pantalon. Même si je ne fais absolument pas illusion, je préfère me situer dans le deuxième camp.

Je termine la journée à la sortie de la ville, seul dans le désert, à observer les étoiles. Saine occupation.

Le centre de la Voie Lactée

11/04/2018

Premier de mes 5 jours d’excursions hors de San Pedro, tous en passant par la même agence francophone (cf. lien plus bas).

Au menu du jour : assister au levé du soleil sur la vallée de Mars (autour d’un petit dej’) puis aller se balader dans les vallées de Mars et de la Lune. Comme leurs noms l’indiquent, on se sent partout sauf sur terre.

En attendant le levé de soleil
La vallée de Mars va bientôt s’illuminer
La vallée de Mars
Encore la vallée de Mars
Un bout de la vallée de la Lune

L’équipée était ici composée de Guillermo (guide qui s’occupera également de l’excursion du lendemain), Rolando (chauffeur des 4 premières excursions) et 6 touristes (dont une famille en tour du monde de 6 mois avec quatre enfants dont une fille de 4 ans !).

La balade s’est déroulée sur fond d’explications géologiques et historiques sur la région. Pour l’anecdote, le volcan emblématique de la région, le Licancabur (« la montagne du peuple » en langue kunza), fut un lieu sacré pour les Incas ; on y a retrouvé des momies issues de sacrifices rituels à son sommet (elles sont exposées à Salta dans le musée ; oui oui, celui-là même qui était fermé lors de mon passage …).

De retour à San Pedro, je termine ma journée par une visite du musée des météorites ; un peu cher vu sa taille mais bien ficelé.

Une météorite

12/04/2018

Seconde excursion, cette fois-ci au Sud Est de San Pedro. Nous sommes 4 participants : moi et une famille avec qui je ferai le reste des excursions de la semaine (une fille en semestre d’étude à Santiago et sa famille venue lui rendre visite).

Nous traversons un village – Toconao – où l’on en apprend un peu plus sur le fonctionnement des communautés de la région (chaque membre a droit à un lopin de terre qu’il se doit d’exploiter, faute de quoi il lui est retiré).

S’en suit un trajet croisant le tropique du Capricorne et allant jusqu’aux lagunes de Miniques, Miscanti et Tuyaito.

Un point sur la carte
Pas loin des Pedras Rojas

13/04/2018

Troisième excursion, direction le Nord de San Pedro jusqu’au champ de geysers le plus haut du monde de El Tatio. Nous changeons de guide, Guillermo a laissé la place à Santiago (un Chilien exilé 25 ans en France à cause de la dictature) qui nous accompagnera également le lendemain.

Notre groupe s’enrichit également de deux étudiantes (qui feront également l’excursion du lendemain avec nous) et d’un ami de Santiago.

Un des geysers de El Tatio

La journée est également placée sous le signe de la faune et de la flore, nous voyons des vigognes, des lamas, des oies et des foulques ainsi que des cactus géants (5 m environ !).

Vigognes et lamas
La vallée des cactus (1 m de hauteur = 100 ans)

Au retour à San Pedro, nous concluons cette sortie par des grillades dans un restaurant (très bon, j’y ai explosé le compteur à prot’, un luxe en voyage !)

Protein party

14/04/2018

Direction plein Est. Après un passage au pied du Licancabur, nous nous enfonçons dans les hauts plateaux andins (altitude max de la journée : 4800m !) où nous continuons à croiser nos amies les vigognes.

Le Licancabur (5920m)

Les paysages sont ici aussi à couper le souffle. Nous faisons des arrêts au bord de plusieurs lagunes ainsi qu’à côté du Gardien de Tara, un résidu volcanique qui s’est érodé pour former un immense obélisque au milieu du désert.

Le spot du déjeuner (un lagune aux eaux blanchies par le bore)
La vision d’ensemble de la même lagune
Une énième lagune dont j’ai oublié le nom (shame !)
Le Gardien de Tara
Un terrain d’entraînement pour les robots martiens de la NASA

Le clou de la journée fût indéniablement la Lagune de Tara qui offre une vue à se décoller la rétine : un paysage immense et totalement surréaliste peuplé de flamants roses où toutes les couleurs se mêlent sur fond de sommets enneigés. Bref, un pur effet « wahou » qualité premium.

La lagune de Tara (1/2)
La Lagune de Tara (2/2)

Remarque : un meilleur panoramique devrait arriver dans quelques jours ; le temps de traiter les photos par ordinateur (idem pour certaines autres photos de lagunes).
15/04/2018

J’avais réservé un excursion le mercredi après-midi précédent mais, étant le seul inscrit, elle n’avait pas pu se faire. Heureusement j’ai pu me greffer à celle – privée – réservée par mes compagnons de voyage le dimanche (encore merci à eux de m’avoir proposé de les rejoindre !).

Au menu : une balade – guidée par Pauline – dans le Salar d’Atacama en commençant par un arrêt devant la lagune Chaxa (peuplée de flamants roses de différentes espèces) puis un passage aux Ojos del Salar et pour finir un apéro au couché du soleil au bord de la lagune Tebinquinche. Une bien belle façon de terminer cette aventure atacamène !

Lagune de Chaxa (1/3)
Lagune de Chaxa (2/3)
Lagune de Chaxa (3/3)
Lagune de Tebinquinche (1/2)
Lagune de Tebinquinche (2/2)

Pour conclure, j’attendais beaucoup de cette étape de mon voyage mais j’étais encore loin du compte : ce fût une vraie claque (presque un effet « wahou » permanent) !

Pour ceux qui voudraient faire les mêmes excursions (que je recommande +++), voici les bonnes adresses : www.ranchochago.com (visites du désert) et www.spaceobs.com (soirée astronomie).

Prochaine étape : le Salar d’Uyuni (Bolivie).

Édition du 20/04/2018 : remplacement de quelques panoramiques et ajout de certains.

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