Passer par un des aéroports les plus dangereux du monde, dormir dans un frigo, se taper 110km à pieds avec plus de 3000m de dénivelé positif, arriver au point de ne presque plus pouvoir avancer par manque d’oxygène (5550m), faire une croix sur les douches chaudes pendant 12j et manger presque la même chose tous les jours : mais pourquoi se mettre dans un état pareil ?! Ma réponse : pour aller voir l’Everest !
01/11/2017 – 14/11/2017
La version brève de l’article : WOUHAAOU !!! 😍

Et voici la version longue… :
Après quelques temps passés à Katmandou pour parfaire mon équipement (chaussures plus résistantes, bâtons de marche, médicaments,…) me voilà engagé dans un trek de 11j (03/11-13/11) entre Lukla – et le camp de base de L’Everest.
Afin de jouer la sécurité (« ne jamais trekker seul ») et ne pas arpenter les chemins telle une âme errante, j’ai fait appel à une agence locale – Sunshine Trekking pour ne pas la citer, je recommande – qui m’a fourni guide et porteur. D’autres agences proposent des excursions à la journée en hélicoptère : sans intérêt (et très cher : 1000 €/personne).

Lors de l’attente de mon avion – 4h de retard – pour Lukla j’ai rencontré Georges, un Strasbourgois vadrouilleur (Australie, Asie du Sud-Est, Inde et désormais Népal) qui n’a pu
s’empêcher de me dévoiler son astuce de survie pour ce genre de treks : remplir son sac de Snikers (pas Sneakers hein…). Le bougre en avait une trentaine en réserve !
Le vol s’est bien passé ; comprendre : personne n’a vomi lors de l’arrivée complètement hallucinante sur la piste à 12° de 500m coincée entre vide et montagne (j’ai eu la chance d’assister à l’atterrissage au travers du cockpit, moment grandiose que je n’ai pu immortalisé – agrippé à mon siège que j’étais 😅).
Comme prévu j’ai été accueilli par Dilip (guide francophone) et Ram (porteur anglophone). En plus d’indiquer le chemin et de l’adapter au besoin, Dilip s’est également occupé de l’intendance (c’est bon parfois de sous-traiter !) et m’a permis d’avoir un bon aperçu des coutumes locales, le tout ponctué de son éternel « C’est comme ça [ici] ! ».

Bien que la religion népalaise soit un étrange mix entre Hindouisme et Buddhisme, j’ai principalement vu cette dernière composante tout au long du trek : stuppas aux regards perdus dans le vide, rubans à prières, pierres gravées du fameux mantra « Om mani padme hum » et les moulins à prières manuels ou automatiques (le truc – moyennant un peu d’énergie mécanique – prie tout seul, j’aime le concept !).



Outre les yacks et les ânes – et leur propension à rendre les terrains glissants – la faune sur la piste était relativement peu variée : porteurs et guides (principalement de l’ethnie locale des Sherpas, bien que tous ne le soit pas, comme Dilip qui fait partie des Gurungs, originaires des plaines) et les « trekkers » venus des quatre coins du globe bien que principalement d’Europe, de Chine et d’Amérique du Nord. Ces derniers, quand ils se baladent en troupeaux, donnent vraiment l’impression de faire un défilé de mode « vieux campeur ».

Concrètement, la journée classique sur la piste se compose de 2 à 6 heures de marche à flanc de montagne ou dans la vallée et d’arrêts dans des lodges – sortes d’hôtels au confort très sommaire contenant une salle principale (lieu de rencontres et salle à manger qui contient la seule source de chaleur du bâtiment hormis la cuisine) et des chambres on ne peut plus spartiates. AHOU !

Le régime alimentaire est très peu varié dès lors que l’on privilégie les aliments « sûrs » : du pain tibétains (sorte de grand beignet) et le mythique Dal Bhat : LE plat du marcheur qui a faim, c’est un mélange de lentilles (Dal), de riz (Bhat), de patates et de quelques légumes ; on peut se resservir à volonté. Les plats à base de viande m’ont été déconseillés car celle-ci est importée de Katmandou et doit monter de Lukla à dos d’homme ou de bête (avec les soucis d’hygiène évidents que cela comporte).
Pour ces mêmes raisons, les sources d’énergie sont très limitées en altitude, c’est pourquoi j’ai dû apprendre à dormir à -10°C, expérience particulière surtout quand on considère le manque d’oxygène que j’ai clairement ressenti passés les 5000m.
Charger les appareils électriques et l’accès au Wifi coûtaient un bras, j’ai donc fait une impasse sur les joies des internets et j’en ai profité pour terminer de lire le Livre des Merveilles [Marco Polo], Magellan [Stefan Zweig] et
Au coeur des Himalayas [Alexandra David-Neel] et même de commencer le Voyage au Centre de la Terre [Jules Verne]. Que de saines lectures !
Initialement mon programme de trek prévoyait de joindre le camp de base (5300m) mais – sur les recommandations avisées de Dilip – nous avons « poussé » jusqu’au Kala Patthar, un pic qui offre une des meilleures vue sur le toit du monde du haut de ses 5550m. C’est sous un vent glacial et en cherchant la moindre molécule d’oxygène que j’ai atteint ce modeste sommet ; c’est jusqu’a présent l’épisode le plus éprouvant physiquement et mentalement depuis mon départ il y a désormais 3 mois jour pour jour. Mais au sommet : quelle vue et surtout quel soulagement !!! : j’ai atteint cet objectif sans souffrir du mal aiguë des montagnes (qui fait reculer bon nombre de trekkers, en atteste le balai incessant d’hélicoptères tout au long du parcours), mes chaussures neuves ne m’ont pas handicapé et mon matériel contre le froid était suffisant : en plus de mon accoutrement classique j’ai utilisé une couche thermique, une microplaire à capuche, une doudoune, un coupe vent, deux paires de gants, un gros bonnet et un cache-col : autant dire que je n’avais rien à envier au bibendum michelin…


Mes passages dans les lodges ont été rythmés par les rencontres – principalement de francophones – allant du couple de mon âge en tour du monde au duo de retraitées en passant par une fille super sympathique partie pour une année à la découverte de l’Asie et de l’Océanie (salut Laura !).
Pour archive, mon parcours fût le suivant : Lukla – Phakding – Namche Bazar (+ 1j d’acclimatation) – Pangboche (en passant par Tengboche) – Dingboche – Gorak Shep (avec excursion jusqu’au Kala Patthar et vers le camp de base) – Pangboche – Namche Bazar – Phakding – Lukla.


« Last but not least » : la compagnie de Dilip et Ram a vraiment été très agréable et, si ils représentent une majorité de Népalais de par leur tempérament, cela annonce une très bonne suite de voyage ! Affaire à suivre en commençant par quelques jours « en autonomie » à Katmandou et après … surprise 😁

Waouh puissance Waouh 😂
Tu as envoyé du lourd là 😗
Il ne te reste plus qu à ajouter une bonbonne d oxygène dans ton sac et tout cela passera comme une lettre à la poste 😉
En tous cas bravo 👏 pour ce trek réussi.
Profite bien de cette pause pour redécouvrir les joies et bienfaits des douches chaudes et des petits plats 😂
Veinard, ça a du être énorme comme expérience !!!
Bon, par contre, 110 km en 11 jours… 10 km / jours… et après on parle des « faibles » qui prennent l’hélico ^^
En tout cas bravo pour l’épreuve… même si c’est dommage que l’on ait pas eu une photo du bibendum 😉
C’était bien oufissime oui !
Et tu parles d’une photo de ce style là ? 😁
J’allais demander la même chose 🙂
Bien joué, j’espère que tu t’es gavé, ça a l’air magnifique !
Fais gaffe, sur ta photo, jcrois que t’as un poil de cul d’yack coincé entre les dents!
Voilà voilà pour la petite intervention poétique. Désolé.
Sinon, gros gavage. Et avec un temps radieux en plus, oui mossieur (ça c’est sur, c’est grâce aux moulins à prière)! Et les photos sont magnifiques!
Bref, que des superlatifs. Là dessus tu m’as bien troué le cul. Bravo.
« La finesse c’est pour les civils » t’as bien raison ! 😁 et coucou !
Ouahhhhh
Et j’ai bien aimé le « la faune sur la piste était relativement peu variée : porteurs et guides. » Les porteurs et les guides font donc partie de la faune ???
😀